Sortie 2025
Sortie de la Société d’Histoire d’Écully du 17 juin 2025
Cervières et ses grenadières
Cervières est une frontière naturelle :

Sur le grand chemin de Lyon à Clermont-Ferrand, Cervières a toujours été un site frontière entre Auvergne et Forez, entre Arvernes et Ségusiaves, entre les provinces romaines d'Aquitaine et Lyonnaise, entre Wisigoth et Burgondes et entre Francie et Lotharingie.
Cervières devient châtellenie royale quand le Forez passe aux mains de François Ier et reste, jusqu'à la révolution, le siège d'une importante juridiction. Son château est alors considéré comme la meilleure place forte du Forez à la frontière de l'Auvergne.
Les grenadières :

En 1812 Napoléon Ier exige des uniformes plus brillants pour ses armées. Il fait installer à Paris des maîtres-tailleurs et couturiers spécialisés dans le travail de la cannetille1, afin de parer d’or les tenues militaires.
C’est dans ces ateliers parisiens que, vers 1860, Anne-Marie Chauvel, née dans la Loire, découvre la broderie au fil d’or et décide, avec son mari, d’en faire leur métier. Rentrés au pays vers 1870, ils proposent leurs services depuis le Nétrablais2. Des centaines de femmes se glissent bientôt dans leurs sabots et se transmettent ce métier rare. Employées à domicile pour le compte de fabriques, œuvrant de jour comme de nuit, en marge de corvées agricoles et ménagères, elles réalisent en grandes séries le motif de la grenade, qui leur donne le surnom de grenadières3. Peu à peu, le travail s’étend aux autres corps militaires, puis aux broderies civiles à destination de diverses structures publiques ou privées et des pièces de haute couture. L'âge d'or de cette activité se situe entre 1920 et 1950. Le savoir-faire de la broderie au fil d'or a permis à plus de mille femmes du territoire de Noirétable de travailler ainsi pendant plus d'un siècle.

Dans les années 1970, la mécanisation du travail et la concurrence indienne et pakistanaise précipitent la chute de cette industrie. De plus, la broderie d’or est moins recherchée dans une époque qui préfère la sobriété vestimentaire.
Aujourd’hui, il n’existe plus de grenadières mais des brodeuses au fil d’or perpétuent leur technique dans leurs créations contemporaines et renouent avec la tradition.
La Maison des Grenadières continue de les accueillir ponctuellement en démonstration.
Thiers et ses couteaux
Thiers, capitale du couteau :

Les premières traces écrites attestant de la coutellerie à Thiers remontent au XVe siècle, où un quart des ouvriers thiernois était déjà couteliers. Au siècle suivant, un statut réglemente la profession. Chaque étape de la fabrication du couteau est “sous-traitée” à un ouvrier spécialisé, ce qui permet des gains de temps et de productivité par rapport aux autres concurrents.
Les couteliers de Thiers s’approvisionnent en manches de bois dans les forêts des Bois Noirs, toutes proches. Le fer et les aciers sont importés du Nivernais, de Bourgogne et du Dauphiné et les meules sont apportées des carrières de Langeac en Haute-Loire.
On utilise la force motrice des eaux de la Durolle pour faire tourner les meules servant à aiguiser les lames des couteaux.
Dès le moyen âge, les conditions de travail des couteliers sont connues pour être très pénibles et dangereuses.
À partir du XVIIIe siècle, les couteliers thiernois exportent leurs productions en dehors des frontières nationales.
À partir de 1850, dans la vallée en amont, on utilise encore la force motrice de la rivière, mais en aval, on installe de grandes usines électrifiées.
Ainsi, en 1912, plus de 12 000 ouvriers et 550 fabricants sont présents et la production de couteaux ne cesse d'augmenter jusqu'au début des années 1970.
Au fil du temps, les entreprises quittent la « vallée des Usines » en abandonnant de nombreuses friches industrielles, pour s’installer dans les zones en aval. En 2000 on compte 3 000 ouvriers.
Aujourd’hui, Thiers demeure un centre vital pour l’industrie et l’artisanat de la coutellerie, représentant environ 80% de la production française d’instruments tranchants et employant près de 2 000 personnes. Les émouleurs, forgerons, polisseurs, manufacturiers du travail du bois et de l’acier possèdent tous un savoir-faire bien particulier et bien vivant.
Le musée de la coutellerie :

Au musée de la coutellerie, à Thiers, six siècles d’un patrimoine au rayonnement mondial sont à contempler. Le musée retrace l'histoire sociale et économique de la coutellerie depuis son installation sous forme artisanale jusqu'au début de son industrialisation.
Dans les ateliers de fabrication du musée, les couteliers présentent les étapes de la fabrication d'un couteau et les différents mécanismes du couteau fermant et l'émouture4 traditionnelle thiernoise.
Une collection de 700 pièces invite à découvrir l'évolution de l'objet couteau, l'élégance des arts de la table, la modernisation des lignes et des techniques de fabrication.
Quelques photos souvenirs : (à venir)