Printemps des cimetières

Brève introduction sur la soierie lyonnaise :

  • En 1531, Lyon est autorisé à être le seul entrepôt pour l’entrée des soies en France. On voit ensuite la création de la Fabrique et des corporations qui organise cette filière
  • Au XVIIe et XVIIIe , c’est l’âge d’or de la soierie lyonnaise qui fournit la noblesse et les cours royales.
  • Il y a un coup d’arrêt à la Révolution qui dissout les corporations.
  • Le Consul Bonaparte passe de grosses commandes pour alimenter son futur Style Empire.
  • Le XIXe voit l’apparition de révoltes des « canuts » mais se renouvelle grâce à la mécanisation des métiers et la nouvelle clientèle bourgeoise.
  • Après la guerre de 14/18, pendant les années folles, la Haute Couture procure un renouveau.
  • Ensuite c’est une concurrence très difficile avec les fibres synthétiques.

Écully voit une floraison d’installations de villégiatures de soyeux, surtout dans la fin du XIXe, sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire, avec les pharamineuses fortunes de ceux qui ont su réussir le passage à la mécanisation.

Le plan ci-dessous indique un parcours pour découvrir 45 tombes remarquables.
Nous avons sélectionné les numéros de celle des soyeux lyonnais villégiateurs à Écully.
Les repères en marges indiquent les numéros des allées.

Plan du cimetiere Parcours des Soyeux 1

 

Tombe 10 : FAMILLE GINDRE

Famille :

1770 : Thomas Gindre, herboriste à Nantua, s’installe à Lyon.

1820 : Un descendant, Louis-Rose fonde une fabrique de soieries (satin), Place Tolozan.

Claude Gindre (1842 – 1898), dernier de ses dix enfants dirige l’entreprise. En opposition à Edouard Aynard et son libre-échangisme, il créée un syndicat de fabricants dissident de la Fabrique lyonnaise.

1892 : Il crée une usine de 1000 métiers à la Croix-Rousse, la plus grosse usine à l’intérieur de Lyon, à la Croix-Rousse.

1894-1897 : Il est à l’origine du tramway électrique d’Écully, la CTE, rachetée ensuite par l’OTL, après sa mort.

Claude Gindre adore la photographie et la peinture. Malheureusement, il souffrait de maux d'estomac et d’insomnies qui influaient sur son caractère et il en avait du reste conscience.

Il s’est marié, en 1866, avec Louise-Rose dite Zoé Payen fille de Louis, ils ont 5 enfants.

(La sœur de Zoé épouse Cyrille Cottin). Une fille de Claude se marie avec un Morel-Journel.

Claude Gindre avait aussi acheté la château de Laverdines dans le Cher, village où il fait construire une chapelle en 1870, inspiré par la construction de la basilique de Fouvière.

L’entreprise ne survit pas à la guerre et ferme en 1954.

Il y a encore 32 Gindre dans l’Annuaire du Tout Lyon, dont François, DG de Lyon-Parc-Auto.

Implantation éculloise : (6 mois par an à Écully et 6 mois 6, place Bellecour)

1892-1894 : il fait construire par Paul Pascalon, La Dombarière à Ecully, sur un terrain (8,5 ha ) acheté en 1886, qui innove :

  • 1800 m², grand salon de 200 m² et une salle à manger de 100 m²
  • huit domestiques
  • électrifiée, 3 étages, structure métallique, réservoir d’eau au grenier…

Zoé Gindre recevait toutes les générations pour le déjeuner dominical, après la messe.

Les pères faisaient l’aller-retour Lyon-Écully dans la journée.

La Dombarière ne peut plus être entretenue par les nombreux héritiers, et est vendue à Lucien Pitance en 1974, qui dit vouloir tout faire pour sauver la maison… Elle est détruite en 1979L’hiver, les fermiers des domaines écullois ravitaillaient les demeures lyonnaises plusieurs fois par semaine. Il y avait même des sociétés de « roulage spécialisé », Giraud, Maréchal...

Cet âge d’or commence à décliner avec la soierie, au début du XXe siècle.

Tombe 13 : Famille GOURD

GOURD Joannes (1816-1889)

GOURD Adrien (1823 - 1895)

GOURD Alphonse-Ramsay (1850-1925)

Famille :

Les deux fils du négociant Gérard-Etienne Gourd : « Joannes » et « Adrien » sont négociants en soieries.

Adrien pilote une entreprise de tissage mécanique à Faverges et 2000 ouvriers à domicile.

Il fait une brillante carrière, devient Président de la « Fabrique lyonnaise » et s’investit dans les Prud'hommes. Président de la chambre syndicale de la Fabrique Lyonnaise.

Fondateur de la société de géographie de Lyon

Implantation éculloise

Il achète en 1870 « Le Château du Randin », actuelle avenue Terver, auprès de d’Antoine Guerineau, qui l’avait fait construire. Il partage cette résidence avec celle du 1 Quai de Retz (Jean moulin) à Lyon.

Son fils Henry habite la château jusqu’en 1950, il le partageait avec sa résidence lyonnaise, 23 Rue Sala.

Le château a été vendu à deux frères ingénieurs chimistes Claude et Louis Germain, avant de d’être divisé en 6 copropriétés.

Joannes s’occupe du commerce transatlantique depuis les USA.

Son fils Alphonse Gourd naît à New York, de Joannes et d’une américaine. Mais il fait ses études à Lyon.

Docteur en droit et avocat à Paris, puis à Lyon.

Conseiller général du Rhône en 1894.

Député de 1898 à 1924, constamment réélu dans les rangs de l’Union Républicaine et des progressistes, très assidu il disait avoir participé à 10 000 scrutins.

A voté contre la loi sur les associations et contre la loi de 1905, mais vota les lois sociales.

Participa, malgré son âge à la guerre de 14 comme chef d’escadron d’artillerie (Légion d’honneur)

En 1924 il fut balayé par le Bloc des gauches de Edouard Herriot.

3. Tombe 15 : ATUYER Pierre-François (1861-1912)

Famille :

Les parents de Pierre-François Atuyer étaient des tisseurs pour la Fabrique Lyonnaise.

Il intégra la célèbre maison « Devaux et Bachelard » en 1888, 23 rue Royale.

En 1888, il s’associe avec François Férier le financier et Charles Bianchini, le génial créatif.

Pierre-François s’occupe de la partie technique.

Tous les trois ont été formés à l’École de tissage, la future École de management, fondée par la Chambre de Commerce, sous l’impulsion d’Édouard Aynard, dans l’actuel musé&e des tissus.

La société Bianchini-Férier participa à la modernisation de de La Fabrique Lyonnaise des Soieries. Bianchini créa :

  • le crêpe-drap en 1910,
  • des nouvelles mousseline: Madonna, la plus fine du monde en 1904!) et la Georgette.

Le moulinage se passait à Givors et le tissage à La Tour du Pin et l’impressio à Tournon.

L’entreprise s’installe ensuite à Paris vers 1912, avenue de l’Opera et collabore avec :

  • les plus grand couturiers (Worth, Poiret, Lanvin, Patou, Chanel, Dior, YSL, JPG...
  • et artistes, dont Raoul Dufy.

La société Bianchini-Férier s’associe avec Baumann en 1992 et est rachetée par Cédric Brochier en 2002.

L’implantation éculloise :

Pierre-François Atuyer achète, restaure et agrandit le domaine écullois « Les Granges » pour sa famille qui y réside jusqu’en 1939.

Époux de Blanche Atuyer, le Professeur Paul Santy (1887-1970) reprend la propriété. :

  • en 1941 opère Matisse d’un cancer
  • à partir de 1947, se lance dans la chirurgie pour « les enfants bleus »
  • pionnier en 1956 de l’opération à cœur ouvert ,

Puis il vend à la BNP qui achète aussi « Les Charmilles », puis la Police Technique et Scientifique (PTS) s’installe sur le site.

Tombe 17 : CHARRON-MUSTORY (facultative ou alors pour le fun de la statue!)

La famille :

Le 9 juin 1903, à Lyon 6ème, Louis Auguste Charron et Marie-Honorine Mustory marient leur fille Marie-Louise (1883-1977) à Pierre-Marius Montet (représentant de commerce habitant avenue de Noailles (actuelle avenue Foch).

Lors de ce mariage le témoin Armand Larousse est Président du Crédit Foncier de France.

Marie-Louise vit chez son père représentant de commerce, puis rentier, 13, quai des Brotteaux (actuel Quai Général Sarrail).

NB : On ne sait encore rien de l’ascendance de Marie-Honorine Mustory, ni de l’implantation éculloise de ces familles.

Il est probable que le buste soit celui de Louis-Auguste.

Implantation éculloise :

Inconnue.

Tombe 18 : FAMILLE LUIZET

Grande famille d’Ecully, la famille Luizet a compté quatre générations d’horticulteurs,arboriculteurs et architectes-paysagiste qui ont marqué leur profession.

  • Marc-Antoine I (1766-1842), a sans doute assisté aux cours de l’abbé Rozier, à la pépinière royale de Vaise
  • Gabriel I (1794-1872) : fondateur de la Sté. Lyonnaise d’Horticulture. Gabriel Luizet avait, un temps, émigré en Valais pour y trouver la paix, il y rencontra la guerre en ce printemps 1838.
  • Marc-Antoine II (1820-1897) : professeur à l’École d’Agriculture d’Ecully
  • Gabriel II (1846-1922) : président de la Sté. de Pomologie de France

Leur nom reste associé, à plusieurs reprises, à l’horticulture, avec le « greffoir Luizet », l’invention de nouvelles formes de taille des arbres fruitiers, (telles que la taille du pêcher en candélabre, en hémicycle), différentes obtentions végétales de dahlias, d’abricotiers, de pêchers, …

  • La prune « Reine-Claude d’Ecully », cette veille variété régionale a été découverte par la famille Luizet, vers 1866.
  • L'abricot 'Luizet' est aussi appelé 'Suchet' et plus rarement 'Hatif du Clos' ou 'Abricot du Clos'. Assez précoce, de calibre moyen , l'abricot Luizet a un épiderme orangé avec une faible surimpression rouge au soleil, la chair est orangée, de fermeté moyenne et d'assez bonne qualité gustative.

Sans enfant, Gabriel II s’associe avec Barret en 1907.

  • Victor Barret (1834-1855)
  • Antoine Barret (1871-1928)
  • Paul et Marcel Barret

Le champ d’action de ces paysagistes s’est étendu sur toute la France.

Implantation éculloise :

Ils habitent Écully.

Ils ont tracé la plupart des jardins dans le Lyonnais et les provinces limitrophes, voire au-delà.

Une rue d’Écully porte leur nom.

Pour mémoire, comme paysagiste écullois, il faut citer :

Jean-Marie Morel (né à Lyon en 1728 ; mort à Écully en 1810) est l’un des premiers français architecte paysagiste, à copier les parcs à l’anglaise qui imitent la nature : en 1807-1808, il est l’auteur du jardin irrégulier du château de Saint-Try (Anse, Rhône).

Tombe 21 : TABARD Benoît (1823-1913)

Famille :

En 1673, Jean Tabard se marie à Ecully. Ses descendants habitent toujours la commune entre l’avenue Duchalay et chemin du Calabert.

Benoit avait ses bureaux de commis-négociant. Marié à Jeanne-Marie Bœuf en 1851

Ce soyeux fut un ami personnel d’Édouard Aynard.

Implantation éculloise :

En 1883, il envoya ses deux architectes Louis Bresson et Tony Bresson s’inspirer de l’architecture « anglaise » pour lui construire « son » château à la place de son ancienne demeure.

Une orangerie et une maison de jardinier sont construites dans le parc.

Son domaine se situait chemin de Charrière Blanche, sous lequel il fut autorisé à creuser un tunnel, pour relier les deux parties de sa propriété située de part et d’autre de la voie.

Il hébergea temporairement, dans son château l’école des frères maristes, chassés de la mairie par le maire Arlin en 1879, avant de financer leur installation dans l’actuelle rue Tramier.

Le château est démoli en 1962 pour faire place aux immeubles de La Hêtraie ».

La Croix qui était au portail de propriété est celle située au carrefour devant le Centre Culturel.

Tombe 25 : FAMILLE PAYEN

La famille :

Les Payen sont originaires de Paris. Un Jean Payen (1761-1846) s’installe à Lyon en 1800, quai Saint-Clair, pour y créer une entreprise. Il épouse Louise Delphin. Son impreudence le ruine en 1827.

Louis-Antoine Payen, son fils (1805-1893) crée son entreprise de négociant en soies L. Payen & C°, en 1839. Il épouse Delphine Belmont en 1835, fille d’un important fabricant de soiries.

  • Louise, 1841-1920, épouse de Cyrille Cottin en 1866, 1838-1905.
  • Zoé, 1843-1915, epouse de Claude Gindre en 1863, 1849-1898.
  • Edouard, 1844-1926, époux de Fanny Tresca, 1853-1919.
  • ...

Edouard Payen (1844-1926), son fils, marié en 1874 à Fanny Tresca , est très impliqué dans l’administration des soies.

Il part en 1862 en Angleterre puis se forme dans la fabrique de Claude-Joseph Bonnet avant d'entrer à son tour dans la maison L. Payen & Cie. Alors pilotée par son père et ses oncles Charles Payen et Balthazar Puy.

Édouard est envoyé dans l’usine du Bengale de 1869 à 1872 pour la diriger. D'autres filatures sont ensuite montées en France, en Italie, en Espagne, et la maison Payen devint ainsi l'une des plus importantes firmes productrices de soies en Europe.

Il est aussi très influent dans les milieux catholiques, il préside la Commission de Fourvière.

Il dirige aussi le journal « Le Salut Public ».

Les deux frères Charles, et Ennemond et des cousins s’engagent en 1870 au 77e régiment d’infanterie ; ils partent le 1er septembre renforcer la garnison du fort de Nogent. Le 21 décembre leur compagnie occupe le village du Bourget. Mais le soutien n’arrive pas. Ils se retranchent dans une ferme. Les obus de Paris commencent à tomber sur eux, le capitaine commande la retraite. Mais les prussiens sont embusqués en face . Les deux frères et un caporal sortent les premiers et tombent tous les trois, Charles et le caporal pour ne plus se relever. Ennemond est frappé d'une balle au côté. Le capitaine capitule et la compagnie est envoyé en captivité à Minden, en Saxe.

Ennemond, à son retour, renonce à sa carrière d'ingénieur, il se fixe quelques années à Paris, où il étude la peinture. Puis il revient à Lyon, étudie pendant deux ans la médecine, tout en continuant de peindre. Une grande composition représentant la Vierge entourée de St-Blaise et de Ste. Madeleine est dans l'église d'Ecully.

Implantation éculloise :

Louis-Antoine loue une propriété à Écully en 1840 avant d’acheter La Greysolière aux Jars-Barety en 1857, où l’on peut alors y voir un nymphée dans toute sa splendeur : une grotte tapissée de coquilles nacrées, équipée d’une fontaine et surmontée de la statue d’une Diane chasseresse. Les bâtiments de ce manoir servait de ferme.

Il aménage la moitié de la superficie en jardin d’agrément.

Louis Payen fait construire, vers 1860, par Louis-Fréderic Benoît, le château « La Roseraie », de style Napoléon III

L’ensemble des deux bâtiments recevait toute la famille, l’été.

Le couple Edouard Payen-Fanny Tresca les utilise jusqu’à la mort d’Edouard.

Ensuite c’est Charles Payen qui en hérite et loue le manoir de La Greysolière en fermage jusqu’à sa mort en 1955.

En 1960 la Greysolière est vendue au docteur Fustier et le château au centre Henri Gormand. repris et entrain d’être restauré, en 2022, par l’Institut Paul Bocuse.

Henry Payen raconte, dans ses mémoires de 1936, que les enfants de la famille Payen bombardaient la pauvre statue de Diane avec les coquilles décollées des parois du nymphée ; le reste délabré de cette statue est conservée par un des fils Fustier, qui avaient redécouvert le nymphée sous un amas de déblais.

Le reste des terrains réputés inconstructibles reçoivent quand même le lotissement des Sabines.

Tombe 26 : FAMILLE ISAAC

La famille :

Camille Dognin, patron d’une vieille fabrique de tulle lyonnaise s’associe en 1841 avec Augustin Isaac, 1810-1869, de Calais qui possédait un brevet pour obtenir des jours dans le tulle. En 1859, les métiers de Calais sont transportés à la Croix-Rousse.

Auguste Isaac , 1853-1937, neveu d’Augustin Isaac, voyage en Angleterre et aux USA avant d’épouser une fille Dognin. Il rejoint la fabrique en 1870, après avoir participé au siège de Belfort.

Fils spirituel d’Edouard Aynard, il lui succède dans les postes clés : Président de la chambre de commerce, Président de la Société d’Économie Politique… comme champion du libre-échangisme.

Député de 1919 à 1924, ministre de l’économie 1920/21. Président de la Fédération Républicaine.

Fondateur de « l’Association de la plus grande famille », il montre l’exemple avec 11 enfants.

Fait construire deux hôtels particuliers sur le Boulevard des belges, côté impairs, le long du parc : 33 et 31bis.

Implantation éculloise :

Maurice Isaac, 1862-1930, frère d’Auguste et qui est aussi partie prenante dans l’entreprise Dognin, achète en 1902 le « domaine des Bruyères » à Ecully.

A la place de la maison des champs où a vécu le peintre Fleury Richard, il fait construire, en 1904, par Sainte-Marie Perrin, le dernier Château d’Écully qu’il nomme Pontourné.

Comme Maurice a épousé la fille unique du soyeux Dufêtre, il hérite aussi du château voisin, Chantegrillet que son beau-père avait fait construire en 1882 par Paul Pascalon

Son gendre René Saint Olive héritera du domaine.

Tombe 29 : FAMILLE PUY-DURINGE-COLLONGUE

Familles :

Le soyeux Balthazar Puy (1800-1877), qui fut consul du Brésil, et participa à la fondation de « Louis Payen et Cie » en 1839, avait acheté la « maison des Bruyères » à Écully.

Sa fille épouse Cesar-Paul Duringe, ancien officier de dragons, Cyrard et ami de Denfert-Rochereau. Il reprend du service en 1870 en commandant le 16e de Marche à Sathonay, avec 26 Écullois sous ses ordres qui se distinguent dans des combats et au siège de Belfort.

Ensuite César-Paul transforme la maison en « Château des Bruyères » ou Château « Puy-Duringe » (1877 par Louis-Frédéric Benîot), comme l’indiquent les lettres gravées sur le linteau du portail.

Son fils Alfred, égyptologue et peintre, lui succède et marie sa fille Colette en 1926 avec le baron Guy d’Avon de Collongue, né à Saumur, mais d’origine provençale :

Celui-ci fut chef de centre à EDF et maire Écully de 1937-1971, avec une interruption de 1939 à 1945.

Il modernise Écully avec l’élargissement et le goudronnage des chemins vicinaux et fait agrandit le groupe scolaire du Centre, en construit d’autres, la piscine et des terrains de sport et aussi l’autoroute A6. Il lance le centre commercial de Carrefour et d’autres ensembles immobiliers. Premier représentant écullois à siéger à la Courly.

Il décède en 1978 et repose dans la chapelle d’un domaine familial à Cadenet dans le Vaucluse.

Implantation éculloise :

César-Paul qui a aussi une propriété dans l’Allier, fait remplacer, en 1877, la maison des Bruyères par un château néoclassique (Rome antique) par l’architecte Frédéric Benoît.

Le portique du château est rajouté par Roux-Meulien en 1912.

Alfred achète le domaine contigu de Beauvallon où il installe la famille de son gendre.

Les enfants Collongue s’installent à Paris et vendent l’ensemble, tout en réservant, curieusement, une étroite parcelle autour d’une partie des murs d’enceinte.

Tombe 31 : FAMILLE BIZOT

Famille et Implantation éculloise :

Originaire du comté de Forcalquier cette famille est suivie depuis Romain Bizot (1525-1594) qui vint s'installer à Cruis. Son fils Antoine y était bailli et lieutenant de juge, et son petit-fils Hector (+1603) consul.

Un rameau de cette famille s'est installée à Collonges dans l'Ain puis à Lyon. Cette famille s'est illustrée dans la justice, la finance et l'administration ; et est toujours active dans les affaires notamment avec la Société Jacques Bollinger (Champagne Bollinger, Champagne Ayala, Domaine Chanson, Langlois-Château, Cognac Delamain).

Les deux frères Jules et Victor Bizot sont des associés (1885) de la Maison Chabrière-Morel (puis : Morel-Journel et Cie Société lyonnaise de soieries).

Ils habitent tous les deux Lyon, mais s’offrent des « campagnes » éculloises :

  • Jules (1825-1897), agent de change, habite Place Bellecour et Rue des Marroniers achète une ancienne maison au 12 du Chemin du Randin en 1868 et y construit deux maisons.
  • Victor (1845-1931), né à Saint-Didier-au-Mont-d’Or est commercial en soieries, en particulier avec l’Angleterre, il fonde son entreprise en 1870 et habite, rue Sala. Il achète le domaine de « La Source », Route de Champagne en 1890.
    Il achète la maison mitoyenne où il installe une fille :

    • Louise de Fromont avec ses huit enfants.
    • Puis la villa Bellevue pour une autre : de Jacquemont.
    • Une autre fille héritera de la maison principale : de Gasquet

Il achète également un terrain à la Sauvegarde, de l’autre côté de la route.

    • Il loge aussi une autre fille : de Pradel de Lamaze.

Tout ce petit monde vit assez éloigné des mondanités des autres soyeux « villégiateurs » d’Écully.

Deux maisons sont vendues en 1964, puis détruites avec la chapelle du domaine, pour faire place aux immeubles « des Sources ».

La cloche de la chapelle est finalement donnée en 1972 à la paroisse d’Écully qui la stocke à la Chapelle du Pérollier, avant qu’elle soit envoyée en 1995 dans une mission au Bénin, pour remplacer la jante de voiture qui y appelait à la prière.

Tombe 36 : BELLON Jean-Joseph-Louis, 1810-1888

Famille :

Originaire de Barcelonnette Jean-Joseph-Louis Bellon arive à Lyon en sabots, en 1830. Il fait un « bon mariage » avec Marie-Térèse Tresca, le 13 février 1843 à Écully.

Il crée une société de soieries en 1846 où il fait venir son son frère Joseph Damien (1815-1882), la « Société de soieries Bellon frères et Conty ».

Ils investissent dans le travail à domicile, en particulier dans le Bas-Dauphiné. En 1870 ils dominent le marché de Lyon avec plus de 4000 métiers, dont 2500 à la campagne avec 5000 ouvriers.

Avec son neveu Jaubert, ils aident Henri Germain à créer en 1863 le Crédit Lyonnais.

Il se fait construire une demeure au « Pré-Haut », vers La Chaux, à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, où il fait cadeau d’un terrain et d’une bonne somme d’argent pour la nouvelle église. Il réside aussi 52, avenue de Noailles (actuelle avenue Foch).

Il cède en 1874 l’entreprise à ses neveux orphelins de père : Eugène et Jean-Henri Jaubert, originaires, eux aussi, de Barcelonnette.

Il meurt en 1888, à Nice, sans doute inhumé à Lyon.

L’entreprise « Jaubert et Audras » fait fortune avec des tissus unis noirs de toutes les qualités. Jean-Henri Jaubert, se retire assez vite en 1885 et meurt en 1901 dans son domaine de 5 ha des « Marronniers » ou « Château Jaubert », après avoir cédé son entreprise aux frères Tresca Joseph et Pierre, petits-fils de Joseph Bellon qui ne savent pas faire évoluer l’entreprise, et, ruinés, ferment l’entreprise en 1906.

Implantation éculloise :

C’est Damien-Joseph Bellon qui fait construire par Frédéric Benoît le Château de Charrière Blanche en 1860 qui sera remanié en 1907, pour Mme Bellon puis en 1913 pour les fils Bellon. Ceux-ci y produiront des soirées et des bals somptueux.

En 1968, le domaine Bellon est partagé entre les immeubles de Charrière Blanche et l’École Centrale (avec l’aide de Jean Rigaud).

Les soyeux cités ci-dessus ne semblent pas reposer dans cette tombe « Bellon ».

Tombe 37 : COTTIN Louis-« Cyrille », 1838-1905

Famille :

Claude-Joseph J. Bonnet (1786-1867) fonda, en 1835, après un apprentissage et des débuts difficiles à Lyon (1802-1815) dans son magasin dans le quartier du Griffon, et un mariage dans une famille aisée, une des premières fabriques de soie importante dans sa commune natale : Jujurieux, dans l’Ain. Cette usine-pensionnat, quasi carcerale, dirigé par des religieuses, réunissait une usine et un internat pour jeunes filles et produisait du satin noir uni.

A son décès il avait amassé une fortune considérable et établi une dynastie en ne choisissant que les membres compétents de sa famille.

Cette génération de soyeux casse les codes avec la mécanisation et l’ouverture du marché de masse et internationaux, avec des tissus moins somptueux qu’aux siècles précédents.

Son petit-fils Cyrille Cottin, fils de sa fille Gasparine, y fit ses premières armes avant de créer sa propre entreprise « Les petits-fils de Claude-Joseph Bonnet », en collaboration un autre petit-fils de Claude-Joseph, Charles François Richard.

Vers 1900, cette entreprise emploie 1200 salariés à Lyon et 1400 à Jujurieux.

Implantation éculloise :

Cyrille Cottin épouse Louise Payen en 1863.

Après avoir occupé un chalet sur le domaine écullois de son beau-père Louis Payen, Cyrille achète la propriété limitrophe et y fait édifier, en 1881-1884, par Cahuzac, élève de Viollet-le-Duc, un château néo-gothique.

Trente-cinq chambres, un donjon de 30 m et un parc dessiné par Luizet, comprenant un étang.

En 1955 le château est vendu à la Mutualité du Rhône qui le transforme en Bol d’Air.

Après de multiples péripéties aventureuses entre l’État, la Municipalité, La Région, le groupe ACCOR et… Paul Bocuse, le château agrandi d’une extension est devenu l’Institut Paul Bocuse, internationalement reconnu.

Le château lui-même appartient à la commune qui permet un accès public au parc.

En plus du Vivier Cyrille Cottin possédait :

  • la gentilhommière de Chenavel héritée de son grand-père, Claude-Joseph Bonnet, près de Jujurieux dans l’Ain,
  • le château de Sénèche au style plus simple que le Vivier construit entre 1895 et 1897 qui constitue une exploitation agricole d’envergure,
  • le château féodal de Maillat, à côté de Nantua, acquis en 1887, qui permet des activités cynégétiques (chasse).

Tombe 38 : AYNARD Édouard, 1837-1913

Famille :

Edouard Aynard a passé sa prime jeunesse, son adolescence et les premières années de son mariage à Ecully avec une descendante de la famille Montgolfier.

Son père Francisque, administrateurs des HCL, y habitait quelques mois par an.

C’était un banquier devenu une figure incontournable de vie Lyonnaise et son entreprise « Maison Aynard et fils » est spécialisé dans le drap militaire.

Il anime et préside la très influente « Société d’Économie Politique » en réunissant autour de lui une « bande » où tous les talents sont présents.

Il s’investit beaucoup dans l’aventure coloniale et dans l’organisation de l’exposition coloniale de 1894.

Grand Mécène il participe à la restauration de l’abbaye de Fontenay, la création du musée lyonnais des Tissus et il est à l’origine de l’École des tissus, ancêtre de l’EM Lyon.

Il est député de 1889 à 1913, année où il décède brusquement dans la salle des pas perdus du palais Bourbon.

Édouard est le grand-père de la très active architecte d’intérieur et designer Andrée Putman qui créa, entre autres l’intérieur du supersonique Concorde, meubles, intérieurs et parfums… décédée en 2013.

Implantation éculloise :

La famille Aynard eut plusieurs points de chute successifs à Ecully, route de Dardilly, chemin de la Vernique avant que son père ne fasse construire « Les Marronniers », route de Champagne.

Edouard en hérite en 1856. Ce qui ne l’empêche pas de faire construire deux hôtels particuliers Boulevard des Belges.

Les Marronniers deviennent le « Château-Jaubert » lorsque les petits-enfants Aynard vendent la propriété à Jean-Henri Jaubert. Les héritiers de celui-ci s’en séparent en 1947 où il est transformé en trois appartements.

Sur cette tombe, en 1913, son fils spirituel, Auguste Isaac lui rendra ainsi hommage :

« Une rare variété dans les talents, une singulière unité dans les idées ».

Tombe 42 : FAMILLE PERROT (facultative ou alors pour le fun de la statue!)

Famille :

Le couple Marius Perrot et Marie Ponsonnet s'est marié à Lyon 2ème, le 16 novembre 1897.

Il était clerc d’avoué, né à Lyon 3ème ; elle était née Lyon 2ème.

A la naissance d’André, le 10 août 1903 il était clerc principal et habitait 53, rue de l’Hôtel de ville à Lyon.

Implantation éculloise :

Tombe de pleureuse sur sarcophage, avec une inscription : Pesando Nice.

Sont enterrés :

  • Marius Perrot, 1875-1943 et Marie Ponsonnet,1878-1959
  • André Perrot, 1903-1957, Marié en 1925 à Lyon 3ème avec Jeanne Arnaud, divorcé en 1941, remarié la même année avec Claire Bollach à Lyon 6ème.
  • Claire, née Bollach, 1908-1985
    Jacques, 1926-1931

Cette tombe émouvante aurait-elle était érigée pour le jeune Jacques

(5 ans) ?